Lorsque j’ai entendu parler de l’impression 3D pour la première fois et réfléchi rapidement à quelques applications, j’ai immédiatement pensé aux armes à feu. Réflexe naturel pour qui tient le droit de porter des armes en tant que le plus nécessaire de tous les droits et celui qui mérite d’être défendu avec le plus de vigueur.
D’abord cantonnée à la fabrication de prototypes grossiers et de modèles fragiles, l’impression 3D s’affine, sculpte à partir de matériaux de plus en plus divers, et arrivera peu à peu chez les particuliers, du moins ceux qui disposent de suffisamment de place pour loger cet encombrant périphérique.
Un étudiant texan a conçu et fabriqué un pistolet avec son imprimante. Contrairement à ce que semblent dire les médias, il n’est pas le premier à y parvenir mais le premier à avoir tel retentissement, peut-être parce que son arme est en plastique, ce qui revient à passer outre les détecteurs les plus couramment utilisées dans les portiques de sécurité, mais aussi parce qu’il fournit gracieusement les plans, accompagnés d’un wiki. Cette arme, trop fragile, n’a pas certes longtemps résisté, mais le procédé gagnera en solidité au fil du temps, par exemple en ajoutant d’autres fonctionnalités à l’imprimante, comme la possibilité de cuire la pièce sujette aux chocs afin de créer une réelle cohésion entre les différentes couches de matière. En attendant, restera la fabrication plus classique des parties de l’arme les plus critiques.
Naturellement, l’administration américaine réclame la remise des plans, consciente du risque qu’une fabrication hors de tout contrôle des armes ferait peser sur son pouvoir. Cette technologie rend caduque les monopoles et privilèges. La France impose un monopole des constructeurs automobiles sur les pièces détachées ? Même plus besoin d’aller en Belgique ou en Allemagne ! Le modèle de la pièce défectueuse sera disponible sur Internet (je gage que le téléchargement des plans deviendra aussi illégal que celui des films actuellement). Un brevet vous empêche de l’acquérir ? Plus pour longtemps ! Internet a ouvert la voie au recul du droit d’auteur grâce à l’échange de films et de musique. De même, verrons-nous les brevets devenir dépassés et vaincus par l’échange de fichiers imprimables 3D ? Ce serait une excellente chose pour notre liberté et pour la concurrence.
C’est que les brevets souffrent d’un gros défaut : ils permettent à leurs détenteurs de se reposer sur leurs lauriers, en opposant leur privilège à quiconque compte exploiter le produit ou le procédé couvert, qu’ils aient ou non mené des recherches sur le sujet. Au sein d’une civilisation comme la nôtre, qui a conquis le monde grâce à la plus grande aptitude à la rupture de ses membres, cet état des choses est délétère. Ce n’est pas seulement une abstraction, car les Européens (et les Caucasoïdes en général) ont de manière innée une pensée plus indépendante que les Africains, qui sont eux-mêmes plus divergents que les Asiatiques (cela pourrait expliquer une partie du retard des Asiatiques sur les Européens malgré un QI supérieur, lequel retard subsiste encore aujourd’hui, puisque la grande majorité des innovations reste l’apanage des populations de souche européenne).
Afin de tirer profit de cette disposition qui nous est, dans ce contexte, favorable, nous avons le devoir de favoriser l’innovation par la compétition permanente et nous ne pouvons pas le faire par l’octroi de privilèges, de surcroît d’une durée si longue, si ce n’est par exception, dans des domaines très spécifiques. L’on pourrait croire que les brevets peuvent nous protéger de la copie de la part des autres civilisations, mais c’est une erreur, car elles peuvent passer outre et peuvent inventer leurs propres produits à partir de ces copies, pendant que nos entreprises deviennent bureaucraties sous l’effet des normes et des monopoles, tandis que des entreprises contraintes de créer continûment conserveraient leur avance et, plus important, l’initiative, puisque cela pousserait nos concurrents à nous imiter, c’est-à-dire à se mettre à notre remorque et à, peut-être, se détourner de toute créativité en se concentrant sur la reproduction de ce qui a été créé par d’autres. En outre, les brevets ont largement échoué à protéger les petits inventeurs, puisqu’ils ne peuvent payer les frais démesurés exigés pour un procès en contrefaçon, tandis que les petites entreprises qui inventent voient souvent leur invention copiée par de grandes sociétés en manque d’idées neuves ; cette différence dans la possibilité de copier autrui assure les rentes des grandes entreprises (si c’est réellement le mot qui convienne) ankylosées.
Bref, l’impression 3D et Internet feront tomber un pan supplémentaire de la propriété intellectuelle en plus de rendre les réglementations qui encadrent restreignent notre liberté et nous affaiblissent face au reste du monde. Cela fait deux excellentes nouvelles.