Les monopoles face à l’impression 3D

Lorsque j’ai entendu parler de l’impression 3D pour la première fois et réfléchi rapidement à quelques applications, j’ai immédiatement pensé aux armes à feu. Réflexe naturel pour qui tient le droit de porter des armes en tant que le plus nécessaire de tous les droits et celui qui mérite d’être défendu avec le plus de vigueur.

D’abord cantonnée à la fabrication de prototypes grossiers et de modèles fragiles, l’impression 3D s’affine, sculpte à partir de matériaux de plus en plus divers, et arrivera peu à peu chez les particuliers, du moins ceux qui disposent de suffisamment de place pour loger cet encombrant périphérique.

Un étudiant texan a conçu et fabriqué un pistolet avec son imprimante. Contrairement à ce que semblent dire les médias, il n’est pas le premier à y parvenir mais le premier à avoir tel retentissement, peut-être parce que son arme est en plastique, ce qui revient à passer outre les détecteurs les plus couramment utilisées dans les portiques de sécurité, mais aussi parce qu’il fournit gracieusement les plans, accompagnés d’un wiki. Cette arme, trop fragile, n’a pas certes longtemps résisté, mais le procédé gagnera en solidité au fil du temps, par exemple en ajoutant d’autres fonctionnalités à l’imprimante, comme la possibilité de cuire la pièce sujette aux chocs afin de créer une réelle cohésion entre les différentes couches de matière. En attendant, restera la fabrication plus classique des parties de l’arme les plus critiques.

Naturellement, l’administration américaine réclame la remise des plans, consciente du risque qu’une fabrication hors de tout contrôle des armes ferait peser sur son pouvoir. Cette technologie rend caduque les monopoles et privilèges. La France impose un monopole des constructeurs automobiles sur les pièces détachées ? Même plus besoin d’aller en Belgique ou en Allemagne ! Le modèle de la pièce défectueuse sera disponible sur Internet (je gage que le téléchargement des plans deviendra aussi illégal que celui des films actuellement). Un brevet vous empêche de l’acquérir ? Plus pour longtemps ! Internet a ouvert la voie au recul du droit d’auteur grâce à l’échange de films et de musique. De même, verrons-nous les brevets devenir dépassés et vaincus par l’échange de fichiers imprimables 3D ? Ce serait une excellente chose pour notre liberté et pour la concurrence.

C’est que les brevets souffrent d’un gros défaut : ils permettent à leurs détenteurs de se reposer sur leurs lauriers, en opposant leur privilège à quiconque compte exploiter le produit ou le procédé couvert, qu’ils aient ou non mené des recherches sur le sujet. Au sein d’une civilisation comme la nôtre, qui a conquis le monde grâce à la plus grande aptitude à la rupture de ses membres, cet état des choses est délétère. Ce n’est pas seulement une abstraction, car les Européens (et les Caucasoïdes en général) ont de manière innée une pensée plus indépendante que les Africains, qui sont eux-mêmes plus divergents que les Asiatiques (cela pourrait expliquer une partie du retard des Asiatiques sur les Européens malgré un QI supérieur, lequel retard subsiste encore aujourd’hui, puisque la grande majorité des innovations reste l’apanage des populations de souche européenne).

Afin de tirer profit de cette disposition qui nous est, dans ce contexte, favorable, nous avons le devoir de favoriser l’innovation par la compétition permanente et nous ne pouvons pas le faire par l’octroi de privilèges, de surcroît d’une durée si longue, si ce n’est par exception, dans des domaines très spécifiques. L’on pourrait croire que les brevets peuvent nous protéger de la copie de la part des autres civilisations, mais c’est une erreur, car elles peuvent passer outre et peuvent inventer leurs propres produits à partir de ces copies, pendant que nos entreprises deviennent bureaucraties sous l’effet des normes et des monopoles, tandis que des entreprises contraintes de créer continûment conserveraient leur avance et, plus important, l’initiative, puisque cela pousserait nos concurrents à nous imiter, c’est-à-dire à se mettre à notre remorque et à, peut-être, se détourner de toute créativité en se concentrant sur la reproduction de ce qui a été créé par d’autres. En outre, les brevets ont largement échoué à protéger les petits inventeurs, puisqu’ils ne peuvent payer les frais démesurés exigés pour un procès en contrefaçon, tandis que les petites entreprises qui inventent voient souvent leur invention copiée par de grandes sociétés en manque d’idées neuves ; cette différence dans la possibilité de copier autrui assure les rentes des grandes entreprises (si c’est réellement le mot qui convienne) ankylosées.

Bref, l’impression 3D et Internet feront tomber un pan supplémentaire de la propriété intellectuelle en plus de rendre les réglementations qui encadrent restreignent notre liberté et nous affaiblissent face au reste du monde. Cela fait deux excellentes nouvelles.

Bris de mascarade

Un candidat à la présidence du Medef, Thibault Lanxade, vient de proposer l’instauration d’un droit d’interpellation et de veto des membres des syndicats de salariés et de patrons sur les nominations ministérielles et, de ce fait, d’annihiler ses  maigres chances d’emporter l’élection.

En effet, les syndicats se maintiennent au pouvoir en passant pour subversifs et rebelles, en n’ayant ainsi jamais à subir les conséquences de leur idéologie. C’est pourquoi ils manifestent régulièrement contre le gouvernement en feignant de désapprouver les lois en projet, tout en sachant très bien que lâcher du lest sur quelques points, même importants en apparence, ne les empêchera nullement de vivre grassement et de conserver leurs privilèges. Cette représentation convient à la populace, qui aime tant les vapeurs hallucinogènes où elles baignent et se complaisent et se révolterait si quiconque s’avisait de les évacuer loin du pays. Par exemple, la réforme de la représentativité, contre laquelle ils ont semblé s’opposer vigoureusement, a été conçue pour, en réalité, ne rien changer ; ainsi les syndicats représentatifs sont-ils exactement les mêmes qu’avant cette prétendue rupture.

En réclamant un exercice assumé du pouvoir, les syndicats prennent le risque d’être désavoués dans leurs choix, alors qu’ils ont toujours eu la peau d’un ministre qu’ils voulaient voir partir sans disposer d’un veto officiel. En approuvant la désignation de ministres qui se révèlent ensuite parfaitement incapables de redresser la situation, ils afficheraient leur inaptitude à juger des politiciens et se couvriraient de ridicule, chose fatale dans une contrée friande de représentations théâtrales des politiciens. Ils perdraient en outre leur semblant de crédibilité en tant qu’opposants et pourront plus difficilement se dire déçus de tel ou tel ministre (ils diront qu’ils ont été trahis, mais cet argument ne pourra pas être trop fréquemment répété). Leur position serait ainsi affaiblie.

Bref, en réclamant une mesure qui mette à nu l’influence réelle des syndicats en France, notre ami vient de montrer qu’il ne maîtrisait pas assez les codes du pouvoir en France. Et cela ne pardonne pas.

Pays-musée

Dans une cathédrale au hasard, deux bigotes devant un touriste mangeant un Mars :
"Marie-Geneviève, regardez ce malotru. Oser manger dans une église… Honteux !
— Oui, tout se perd ! Les gens ne respectent plus rien. En d’autres temps, il ne se serait pas permis."

Outre que ce qui est valable en un temps peut ne plus l’être dans un autre, les Européens du Moyen-Âge se seraient le plus naturellement du monde permis de manger dans une cathédrale, puisque ces édifices, centres commerciaux autant que lieux de culte, abritaient des stands de produits de toutes sortes ; commercer et ripailler y était parfaitement normal. C’est d’ailleurs à cela que l’on voit que le christianisme est mort : nous entrons dans une cathédrale comme au musée quand nos ancêtres y allaient comme au supermarché.

Mais rien n’y fait. Tout le monde est convaincu que boire en regardant les vitraux est un scandale. Et c’est comme ça en toutes choses. Dès que quoi que ce soit est qualifié d’historique, y toucher devient sacrilège, même et surtout chez les socialistes.

Les monuments historiques constituent un exemple flagrant de cette volonté de figer, d’arrêter la course du temps. Les "défenseurs" de la culture prétendent que protéger les reliques de notre passé est indispensable à la sauvegarder. Comme l’idée de payer de leur poche les révulsait, ils s’en remirent à l’état afin de faire payer l’entretien des monuments qu’ils jugent "historiques" par le braquage fiscal. Dans le même temps, ils interdirent à leurs propriétaires de les modifier sans l’accord d’un comité Théodule (les Bâtiments de France). Pire, ils firent de la France un musée en imposant des normes architecturales drastiques, imposant partout de bâtir dans un "style local", ce qui ne veut rien dire puisque ce sont les constructions qui font le style d’une ville et non l’inverse donc qu’il évolue en permanence, au gré de la volonté des populations. Et cela s’étend : de quelques cathédrales autrefois, tout bâtiment sans réel intérêt peut être classé et les HLM et collèges soviétiques le seront peut-être demain. Ces décisions montrent deux choses : les fonctionnaires de la culture n’aiment pas l’art et n’auraient jamais dû s’intéresser à l’architecture, parce que l’homme attiré par les arts n’est pas tant celui capable de créer un chef-d’œuvre que celui qui a foi en les aptitudes de son peuple à produire des artistes, inspirés et créatifs ; ils ont peur d’une libéralisation, parce que tous découvriraient que ce sont des parasites. Tout l’Occident ou presque est asphyxié par la culture étatisée, les normes de construction et de conservation sont d’ailleurs parmi les lois les plus taboues qui soient ; même les pays relativement libéraux en matière d’art connaissent les règlements architecturaux les plus imbéciles.

Pour préserver ce passé fantasmé, ils ne se contentent pas d’imposer des normes mais réclament de tous ceux qui travaillent à maintenir cette "tradition" des attestations, certifications et qualifications frappées des armes de Sa Majesté l’état, rappelant l’époque des corporations. Un boulanger se doit se posséder son CAP attestant qu’il est apte à cuire le pain "façon grand-mère", c’est-à-dire qu’il maintienne une tradition figée… et imaginaire puisque la réglementation du prix du pain a longtemps contribué à en faire un produit de qualité médiocre. Un restaurateur cuisinant des produits frais pourra solliciter du préfet le titre de maître-restaurateur ; là encore, les produits frais et les épices en masse dans les cuisines sont une invention de notre époque et non une survivance du passé, puisque l’agriculture industrielle, le transport rapide et la réfrigération ont permis de placer dans les assiettes de chacun des aliments d’une fraîcheur et d’une qualité dont les plus fortunés n’auraient pu rêver il y a deux siècles. D’ailleurs, les plats servis dans les bons restaurants ne sont pas le produit d’une recette figée mais de son adaptation à la mode gastronomique de l’époque voire d’une idée entièrement neuve et les cartes sont fréquemment renouvelées. En réalité, le restaurant le plus traditionnel est ironiquement celui fustigé par les traditionalistes : MacDo, puisqu’il a toujours la même carte et aucun aliment frais, comme il y a quelques décennies.

Parce qu’ils sont incapables de s’inspirer ou de créer, les socialistes singent et recréent un passé idéal qui n’a jamais existé. En obligeant à construire dans un style donné (médiéval, Haussmann…), ils oublient que les gens de ces époques et provinces ne songeaient pas à préserver le style des habitations de leurs ancêtres et fabriquaient selon leurs désirs et capacités financières et intellectuelles. Nos ancêtres n’avaient aucun scrupule à remplacer de vieilles maisons, églises, châteaux… par de nouvelles parfois très différentes ; ils ne conservaient ou restauraient que les plus beaux édifices ainsi que les plus chargés d’histoire. Les prétendus passionnés de culture qui verrouillent toute transformation d’un monument dit historique le font finalement parce qu’ils ne supportent pas l’inégalité, celle de l’intelligence bien sûr mais plus encore celle des moyens financiers car la liberté de modification et de construction empêcherait ces gens sans fortune ni esprit de prolonger le style de leurs demeures tout à fait banal. Même les moyens de locomotion plébiscités (tramway, vélo, rues piétonnes) sont révélateurs de cette volonté de remonter le temps. Si les Français aiment tant les styles imposés, c’est parce qu’ils savent d’instinct que toute trace de l’existence des êtres médiocres disparaît au plus tard quelques décennies après leur mort dans un pays d’hommes libres et que seuls les chefs-d’œuvre restent, et cela leur est insupportable.

L’appétence des gauchistes pour les normes artistiques et artisanales, brevets de maîtrise et autres AOC semble très paradoxale mais est pourtant fort logique. Le socialisme est ancré dans l’idée que l’âge de pierre était un âge d’or parce que la propriété immobilière n’existait pas. Les communistes n’aiment pas tout ce qui a réussi sans eux : cela signe leur défaite (et ils perdent si souvent qu’ils redoublent de méchanceté). L’industrie qu’ils ont développée pendant des décennies au détriment du reste est un secteur performant grâce à la liberté, en conséquence de quoi ils fustigent désormais tout ce qui vient de l’industrie, d’où la création d’un passé légendaire où seules les techniques "traditionnelles" existaient. L’écologisme est l’évolution naturelle du socialisme parce que l’industrie lui a échappé ; quand les gens prendront conscience que le libéralisme donne de meilleurs résultats en matière de préservation de sites naturels et de pollution, les socialistes fustigeront autre chose. Nombre de commentateurs de sites de notre mouvance sont d’ailleurs dans cet état d’esprit, vantant le village gaulois replié sur lui-même comme modèle, Non seulement, ce modèle est imbécile, il repose sur une légende puisque que les peuplades gauloises qui se sont alliées à Jules César l’ont fait non par peur mais pour préserver leur position avantageuse dans le commerce européen d’alors, ce qui suffit à faire voler en éclats le mythe de l’autarcie.

L’homme s’enrichit, invente, se fait connaître comme savant, artiste ou penseur, acquiert du pouvoir, étend son influence… par instinct de perpétuation. Plus il est riche, puissant et influent, plus il est désirable pour une femme et mieux il peut choisir son épouse et plus il sera exigeant dans ce choix crucial pour l’avenir de son sang. En créant ou en faisant créer, conserver ou restaurer des œuvres d’art, il montre qu’il compte davantage que le commun des mortels et est celui qui peut donner à une femme les enfants les plus réussis. Les femmes qui sont en position influente l’amélioreront encore pour obtenir le mari idéal. Incapables ou sans volonté de produire de la richesse, les socialistes ne se limitent pas au vol fiscal mais volent l’architecture de leurs prédécesseurs en la faisant passer pour leur dans le but de montrer qu’ils détiennent le pouvoir donc d’attirer les femmes les plus attirantes. Cela fonctionne mal parce que leur médiocrité se voit comme le nez au milieu du visage, mais cette stratégie est meilleure que celle consistant à mener une vie honnête, ce qui les obligerait à retourner dans la masse sans pouvoir se distinguer. Cette course vers le musée est tout simplement la stratégie de montée en puissance donc de reproduction de nombre de socialistes.

Les réglementations artistiques et artisanales peuvent sans peine être assimilées à un impôt et précisément un impôt sur la créativité des artistes, puisqu’elle ne pourra plus s’exprimer que dans les limites autorisées ; on prélève ainsi une part de l’âme de l’artiste comme on prélève une part de nos revenus.

Supprimer toutes ces lois archaïques permettrait à la créativité artistique de se libérer et de choisir quels bâtiments de chaque siècle sont dignes de survivre à leur époque, sans emprisonner ceux qui désirent faire différemment. Sans doute certains titres peuvent-ils être maintenus en tant que label, mais il n’est nul besoin de lois nouvelles. Transformer les AOC en marques privées appartenant aux associations de professionnels qui décideraient seuls à quels pairs le donner nous débarrasserait d’un important maquis législatif et permettrait à tous ceux qui désirent expérimenter hors du cahier des charges de ce label de le faire. La France, comme toute l’Europe, perdrait enfin cette obsession de plus en plus grande du musée, qui l’entrave.

Sous-traitance et décadence

Ces trente dernières années, les SSII, sociétés de conseil et autres entreprises de la même sorte se sont considérablement développées en Europe. Sociétés d’intérim qui ne disent pas leur nom, elles profitent des trop souvent rigides statuts des salariés en Europe, de la normalisation imposée et de la fiscalité communiste. Pressés par des commerciaux qui n’hésitent pas à reprocher leur propre incapacité à trouver des missions et tentent de leur faire lentement accepter de déménager en permanence, leurs salariés s’en plaignent à raison, mais ne bougent pas voire réclament des mesures qui entretiendraient leur existence voire aggraveraient la situation.

Parce que les besoins informatiques ne sont pas continus, les clients font appel à une société spécialisée le temps d’améliorer son système d’information plutôt qu’à des informaticiens qu’elles embaucheraient. Cependant, une partie de l’activité informatique est permanente, telle la maintenance, et permettrait l’embauche de salariés (la distinction entre salariés et indépendants est toutefois très artificielle et n’existe qu’à cause du droit du travail et des assurances dites sociales). Les entreprises utilisatrices continuent cependant de recourir massivement aux SSII. Les raisons de cette attitude sont très significatives de ce qui ne fonctionne plus en Europe, en France en particulier, non seulement dans les secteurs concernés mais aussi en général dans les sociétés occidentales.

Le salarié n’est pas seulement un gus que l’on paye en fin de mois, auquel il n’y aurait guère de différence avec les sociétés de conseil, hormis le délai de règlement fournisseur, et l’employé serait un prestataire comme un autre. Seulement, elles doivent s’occuper elles-mêmes de travaux et formalités qui devraient être accomplies par le salarié. En effet, selon les pays, elles doivent travailler à la formation de cet employé, gérer les visites médicales, payer son assurance maladie chère et de qualité médiocre, payer son assurance chômage chère et de qualité médiocre, payer son assurance indemnités journalières chère et de qualité médiocre, verser son écot à la retraite pyramidale, s’acquitter de l’impôt sur le revenu de son salarié (le fameux impôt à la source, qu’un certain nombre de libéraux défendent avec force sottise), tenir le compte de ses jours de congés, provisionner ses futures indemnités de licenciement (demandez-vous pourquoi les salaires peuvent rester gelés pendant des années en France), le faire participer aux élections professionnelles… J’arrête cette liste ici, très incomplète. De plus, lorsque l’on mesure la difficulté de licencier dans certains pays (au hasard, le nôtre) et l’existence d’effets de seuil imposant de nouvelles et coûteuses formalités lors d’une augmentation des effectifs, que l’utilisateur préfère passer par la case sous-traitance, quitte à payer plus cher, au lieu de recruter directement est parfaitement normal. De nombreux cadres et techniciens de tous secteurs d’activité sont ainsi salariés d’une société de services bien qu’elles resteront durant des mois voire des années dans les locaux d’une autre entreprise.

Même si ces contraintes dissuadent l’embauche, elles ne contribuent pas seules à la multiplication de ces sociétés. Sinon, elles compteraient peu en Suisse, alors qu’elles y prospèrent. En effet, les salariés sont maintenus en enfance dans une grande partie de l’Europe par l’absence de responsabilité dans leur travail. Les salariés ne sont généralement responsables qu’en cas de faute particulièrement grave voire, comme en France, que s’il y a intention de nuire. Autrement dit, vous pouvez causer par votre négligence un accident industriel et en être quitte sur le plan civil, puisque la faute reviendra à votre employeur. Les erreurs informatiques, secteur où les sociétés de conseil sont les plus présentes, pouvant être extrêmement lourdes de conséquences. C’est pourquoi toute entreprise préférera s’offrir les services de quelques prestataires afin de reporter la faute sur eux en cas de problème et non engager du personnel juridiquement quasiment irresponsable (tandis qu’un indépendant doit se couvrir), ce qui l’obligera à passer elle-même à la caisse en cas de dysfonctionnement.

Une autre dérive favorisant les SSII est la normalisation, parfois imposée légalement mais favorisée aussi par la nature des gens qui travaillent dans ce milieu ; il faut ajouter que la fiscalité confiscatoire sur les sociétés n’encourage pas à prendre le risque de se tromper et que cela renforce un conformisme terrible. Le monde scolaire, depuis l’école maternelle jusque dans les universités, favorise les brillants élèves, c’est-à-dire ceux qui sortent peu du cadre étatique et professoral, qui s’adaptent au nivellement pratiqué dans les salles de classe ; les très cons et les très intelligents sont ainsi écartés, les meilleurs des médiocres supplantent les meilleurs. Cela se prolonge entreprise et donne des ingénieurs et commerciaux incapables de sortir des sentiers battus donc effrayés par la nouveauté (indice des limites de beaucoup d’ingénieurs : leur petit plaisir est le brainstorming, réunion pendant laquelle chacun entretient l’illusion d’être créatif), pourtant indispensable pour se distinguer de la concurrence, prenant ombrage de ceux qui y sont aptes et se complaisant dans les normes ISO, commissions à la con et autres plannings en diagrammes de Gantt. De par leurs capacités intellectuelles, les managers adorent s’adresser aux sociétés de conseil, qui regorgent de gens qui maîtrisent ce genre de bêtises sur le bout des doigts et ne posent pas de questions au lieu de s’entourer des gens qui risquent de leur faire de l’ombre (on ne sait jamais vraiment sur qui on tombe, malgré les entretiens d’embauche justement destinés à diminuer ce risque). De plus, en cas d’échec ou de retard, le manager pourra toujours dire à sa hiérarchie : "D’accord, je n’ai pas rempli les objectifs de délais fixés en comité de pilotage, mais c’est pas vraiment ma faute. Les sous-traitants n’ont pas fait leur boulot correctement."

S’ils désirent que les sociétés de conseil fleurissent un peu moins, les salariés de ces secteurs devraient évidemment se poser la question du droit du travail, qu’il faudrait ramener pour la plupart au droit commun des contrats. Leur regroupement se pose également : très dispersés chez de nombreux clients, ils devraient songer à se regrouper en corporations (j’entends, des corporations libres, sous forme d’associations ordinaires, à l’inverse de ce qui se pratiquait sous la monarchie), dans le but de faire bloc afin d’obtenir des tarifs avantageux pour des assurances diverses (perte de gain, responsabilité civile…) ou des formations (du moins, celles que l’on ne trouve pas sur Internet, et il y en aura de moins en moins), voire court-circuiter les SSII en proposant directement aux clients de diffuser les annonces de missions à leurs membres.

Néanmoins, cela ne suffit pas et ils devraient réfléchir sur la manière d’instruire et sélectionner leurs semblables. L’école me semble une aberration par le fait qu’elle instruit puis sélectionne, d’ailleurs très tard et mal. C’est le principe du concours : chacun est invité à produire ce que l’on attend de lui et c’est cette aptitude qui est jaugée. Cela conduit aux décisions les plus démagogiques, par exemple l’accueil des handicapés mentaux dans les écoles classiques. Cela mène à la préférence pour la normalisation. Ne faudrait-il pas d’abord sélectionner et, seulement ensuite, instruire ? Les aptitudes physiques et mentales se mesurent aisément, il existe même des tests conçus pour les analphabètes. Les choses se passent ainsi dans toute entreprise : on sélectionne d’abord (entretiens d’embauche, tests…) et, si l’employé donne satisfaction, on dispense une formation si elle est vraiment nécessaire car bien souvent, la formation sur le tas est la meilleure, sans compter que certaines choses s’acquièrent sans formation mais avec un peu de curiosité et de déduction. Les apprentissages se font également de cette manière : pour bénéficier des cours de l’organisme partenaire, il faut convaincre un employeur que vous avez les qualités requises pour qu’il vous choisisse et, si c’est une formation privée, vous sponsorise. C’est ce que redoutent les enseignants : que la principale sélection se fasse avant plutôt qu’après l’enseignement et, pire, ne soit plus de leur ressort. Cette inversion des choses serait terrible pour eux : en perdant leur petit pouvoir, seule leur resterait l’instruction, où l’ordinateur se débrouille mieux. Et ce serait leur fin. Cette chute de l’institution scolaire serait des plus bénéfiques. Tous seraient moins nivelés, la prise de risque serait sans doute plus importante, l’acceptation des véritables différences redeviendrait une réalité. Les recours à des sociétés spécialisées dans les environnements normés seraient ainsi moins fréquents.

Enfin, les salariés se plaignent souvent du lien de subordination à l’employeur tout en se déclarant prêts à l’insurrection en cas de remise en cause de leur irresponsabilité, tant cette idée sort de leurs schémas mentaux. Dès lors, qu’ils ne pleurent pas sur le fait d’être déconsidérés et regardés comme quantité négligeable. On n’a rien sans rien. C’est la règle des hommes libres : pas de liberté sans responsabilité.

État, impôts écrasants, irresponsabilité, nivellement à tous les niveaux… Finalement, les SSII servent d’excellent révélateur des problèmes européens.

La justice fait le mur

Voilà le résultat de la méritocratie républicaine, qui favorise les plus conformistes, les plus soumis, les plus lâches, qui se déchaînent dès que faire se peut.

Très honnêtement, je ne suis même pas surpris de la saloperie désinhibée du SM, bien connu pour son programme communiste dès les années 1970, même s’il est vrai que je n’aurais pas cru qu’ils placeraient des familles de victimes parmi les hommes à abattre. Quand nous sortirons du socialisme, il ne nous faudra pas pardonner aux magistrats comme nous l’avions fait en 1944 ; trop d’humiliations ont été infligées pour que cette corporation bénéficie d’une indulgence.

Interdire le SM (et les syndicats de magistrats en général) est une évidence. Néanmoins, cela mettra-t-il fin au gauchisme et à la trahison de la magistrature ? Non, car les mêmes hommes et le système qui les a favorisés seraient toujours en place.

Depuis une vingtaine d’années, des réformes de la justice ont été lancées (nomination ou avis conforme obligatoire du CSM pour les juges) afin de renforcer l’indépendance de la justice. Malheureusement, ces changements institutionnels ont renforcé un corporatisme déjà fort (la discipline des magistrats relevait déjà de leurs pairs). Cela témoigne d’une erreur sur la nature de l’indépendance du pouvoir judiciaire, qui devrait être conçu comme indépendant du pouvoir exécutif mais non vis-à-vis de son souverain envers qui il observerait l’obéissance la plus parfaite.

François Hollande, en déclarant souhaiter rétablir une majorité de magistrats au CSM (ceci étant, il faut relativiser la réforme Sarkozy, qui ne donnait qu’une voix d’avance aux non magistrats et amenait au conseil personnalités elles-mêmes progressistes irrécupérables), ne cache pas son désir que ce repère de marxistes reste intouchable.

En toute logique, les magistrats ne devraient pas être jugés par les leurs, que ce soit au disciplinaire ou au pénal. Depuis longtemps existe, d’abord en Angleterre et chez ses peuples fils puis ailleurs, une institution remarquable pour le jugement d’un homme : le jury. Le jury a l’avantage d’être moins orienté politiquement ou culturellement, si ce n’est en cas de tirage au sort improbable (mais les récusations réduisent encore ce risque). Il n’est pas composé de personnes susceptibles de connaître l’accusé, même indirectement, alors que les magistrats se connaissent tous et fréquentent des cercles (franc-maçonnerie…) qui les rendent terriblement partiaux pour juger certains prévenus. De plus, comme un jury est reconstitué pour chaque affaire, le risque qu’ils deviennent familiers avec les juges professionnels est tué dans l’œuf. L’inconvénient du jury est certes son prix, mais s’il peut améliorer la justice, dépense mérite d’être faite.

Si les conseils de discipline étaient entièrement composés de jurés tirés au sort, quitte à ce qu’il soit présidés par un juge sans droit de vote et seulement chargé du déroulement de l’audience (à condition qu’il ne puisse pas poser de questions ni choisir l’ordre de passage des témoins, sur le modèle américain), les magistrats ne pourraient plus se permettre les innombrables indélicatesses (le mur des cons n’est que la dernière d’une longue liste) qui leur valent des sanctions symboliques (blâme, mutation, mise à la retraite peu avant la retraite), quand le comportement du magistrat fautif n’est pas tout simplement étouffé par ses collègues.

En combattant avec vigueur l’arrivée de profanes (dans tous les sens du terme), même durant des périodes assez longues, au sein des juridictions, ils ne se trompent pas sur la conséquence de telle mesure et trahissent leur peu d’envie de voir cesser leurs manigances. Ce n’est pas une question de trop grande sévérité des gens ordinaires (ça, c’est un prétexte de journalistes) mais d’ébrèchement de la forteresse consanguine judiciaire. Alors l’extension du jury, particulièrement pour juger les juges, quelle horreur !

Quant à leur nomination, qu’elle se fasse par l’exécutif n’est pas choquant en soi (c’est le cas dans tout l’Occident), pourvu que le mécanisme de destitution fonctionne bien. Les gauchistes crieront aux nominations politiques (mais tout ce qui n’est pas de gauche est orienté, avec eux), oubliant qu’elles sont en vigueur dans d’autres pays, dont la justice est pourtant bien plus honnête que le nôtre.

De même, avons-nous besoin d’un parquet indépendant de l’exécutif ? Contre les décisions mal intentionnées du gouvernement sur les enquêtes en cours, le Premier et le Deuxième Amendements constituerairnt une garantie bien plus efficace, puisque politiciens, fonctionnaires et juges pourraient être dénoncés beaucoup plus rapidement pour leurs moindres faits et gestes et inquiétés par les armes ; il est certain qu’un mur des connards rassemblant les magistrats véreux verrait le jour sur Internet avec les indices qui les concernant. De plus, c’est peut-être l’occasion d’abolir le monopole des procureurs et d’autoriser les simples citoyens (journalistes d’investigation, par exemple) à se faire eux-mêmes accusateurs d’un crime sur lequel ils ont enquêté et dont ils ont des preuves, s’ils ne parviennent à obtenir qu’un avocat dit de la société s’intéresse à leurs éléments ; cette perspective de concurrence, même marginale, obligerait les procureurs à un zèle salutaire.

L’obsolescence programmée

L’écologisme est une insulte à l’intelligence, il ne faut pas hésiter à le dire de temps à autre. S’il est une chose que les écolos font avec talent et persévérance, c’est se tromper. Voiture, chauffage, usines, déchets, électricité, ressources naturelles… il n’est pas un sujet sur lequel ils se sont penchés sans se vautrer lamentablement. Le poids de la bêtise ?

Aujourd’hui, l’un d’eux s’attaque à l’obsolescence programmée. Notre sénateur, qui se pose en candidat comme ministre de la répression du jetable et de la promotion du durable, n’y va pas par quatre chemins : l’obsolescence programmée est le mal absolu. Menace sur la planète, menace sur les endettés, incitation au court terme, à l’écouter, les industriels sont des criminels et leur modèle économique ne saurait être toléré plus longtemps.

Téléphones, ordinateurs, voitures, meubles, maisons, de nombreux biens sont associés à ce concept. Le mythe naît de la parole des vieux et des culs-terreux. "Dans l’temps, c’était solide. La bagnole de Jean-Louis, elle a duré des années. Mais maintenant, c’est fini, les bagnoles ne sont plus ce qu’elles étaient." Les jeunes prennent ce discours pour agent comptant et déplorent que les produits ne durent pas assez longtemps. C’est en grande partie faux, puisque l’on se souvient plus aisément de nos biens dont la durée de vie a été exceptionnelle que des autres.* C’est ce qui arrive chez les gens à la mémoire courte, et ils sont nombreux. Ainsi émerge la légende des 4L increvables (qui représentaient un exemplaire sur cent, et encore), des maisons traditionnelles résistant à tout (à se demander pourquoi les gens les ont quittées pour autre chose, si c’était si formidable), des lave-linge qui duraient vingt ans. Curieusement, dès que l’on demande à personnes à la mémoire et à l’intelligence un peu plus vives, la belle histoire s’évanouit : les maisons d’autrefois étaient mal isolées et sont généralement devenues des taudis au bout de quelques décennies, les voitures ne tenaient que quelques dizaines de milliers de kilomètres, les machines à laver étaient vite remplacées et bien moins efficaces que celles actuelles. Bref, en lieu et place de l’obsolescence programmée qui diminuerait peu à peu la durée de vie de tous biens trouve-t-on plutôt une augmentation de la qualité ou du prix voire les deux, de par la concurrence intense qui règne entre fabricants.

Toutes les légendes contiennent un fond de vérité et l’obsolescence programmée n’échappe pas à cette règle. Les meubles semblent moins durables à notre époque que jadis. L’une des modes du moment consiste d’ailleurs à vomir sur Ikea et à voir ses meubles en bois reconstitué comme un signe de décadence. Les seuls meubles d’autrefois coûtaient très cher et les masses en achetaient parce qu’elles n’avaient pas le choix. Dès qu’Ikea et d’autres supermarchés de meubles sont arrivés, les gens se sont rués sur ces produits parce qu’ils n’auraient plus à s’endetter pour en obtenir. Le bois massif n’a pas pour autant disparu de nos meubles, est même largement abordable grâce à l’industrialisation et se trouve dans nombre de grands magasins.

Par ailleurs, sur le long terme, les meubles en bois massif (je ne parle évidemment pas des meubles de luxe) coûtent moins cher que ceux en reconstitué puisque l’on n’a pas à les racheter. Si les gens qui ont les moyens de s’offrir des meubles de meilleure qualité préfèrent casquer régulièrement parce que leur table s’émiette, tant pis pour eux. Inutile de montrer du doigt les industriels, car rien n’oblige personne à acheter des meubles en aggloméré. Et il en est ainsi en toutes choses. Des vêtements et chaussures de bonne qualité coûtent cher à court terme mais, parce qu’il n’y a plus besoin de les changer tous les ans, cela finit par revenir moins cher, en plus du plaisir de porter de plus beaux atours. Certaines marques sont associées à des produits d’excellentes qualité et durée de vie, comme Miele pour l’électroménager, et d’autres prévoient les produits de longue durée dans leur gamme (appareils photo). S’ils sont évidemment plus onéreux qu’un lave-vaisselle de marque chinoise, ils restent loin, en parité de pouvoir d’achat, du prix des biens qu’achetaient nos grands-parents faute de choix. Non seulement, les biens de qualité sont toujours aussi nombreux mais ils sont moins chers ; ne pas les acheter relève d’un choix, celui de ne pas se renseigner et de tomber dans la facilité. La décadence ne se situe pas dans une chaise en agglo mais en le fait de voir les acheteurs de chaises en agglo comme des victimes. Victimes de la pub, de l’industrie, de la conspiration macdo-ikéiste qui fait les délices des anti-consuméristes, qui me supplieraient pourtant dans l’heure de les ramener à notre époque si je remontais le temps pour leur montrer l’Europe d’avant la Révolution industrielle ; mais surtout pas victimes de leurs propres choix. La véritable décadence se trouve précisément dans le déclin de la responsabilité.

En outre, certains produits n’ont aucun intérêt à être durables. Les ordinateurs, dont la puissance est très vite dépassée, ont rarement besoin de composants conçus pour durer dix ans. Même chose pour les téléphones. Les constructeurs l’ont bien compris et reprocher à Apple d’équiper ses smartphones de batteries faites pour durer deux ou trois ans est parfaitement idiot quand on sait que la plupart des gens changent de téléphone avant trois ans, parce que ses fonctionnalités sont désormais archaïques. La connectique informatique évolue, ce qui pousse les consommateurs à renouveler leur matériel, encore que des adaptateurs existent et qu’une compatibilité ascendante et descendante est souvent prévue. L’état doit-il définir une liste de ports obligatoires sur les cartes-mères pour complaire aux instincts totalitaires des écolos ? Mais il ne faudra pas se plaindre que le matériel soit cher et mal adapté aux dernières innovations. Un constructeur ne supprime jamais un port sans étude de marché et ne le fait pas pour le plaisir de forcer les gens à racheter du matériel ; il le fait parce que beaucoup sont passés à autre chose et que l’ancien port n’est plus un argument de vente.

Lorsqu’un bien rare est conçu pour durer longtemps (voitures de collection…), il peut être difficile de trouver les pièces détachées nécessaires à leur réparation et à leur entretien, ce qui est renforcé par le fait que ces produits sont presque toujours un marché de niche, avec des boutiques spécialisées qui, parfois, en profitent. Néanmoins, Internet permet à leurs possesseurs, dispersés, de se trouver, de se rencontrer et ainsi de faire masse. Et, là encore, il s’agit d’un choix.

Enfin, je ne nie pas que certains constructeurs, quel que soit le secteur d’activité, abusent de nouveautés et de ruptures de compatibilité pas forcément utiles et bienvenues. Pour faire face à cela, que les consommateurs cessent de recourir à l’état mais se regroupent, comme aux États-Unis où des campagnes massives de boycott par des associations de consommateurs ont fait plier les producteurs sur divers sujets. Mais c’est une chose dont le gouvernement, malgré sa volonté de façade de protéger le consommateur (en réalité, étendre son emprise), ne peut accepter. Le jour où le Français se comportera en véritable client et non en usager, le socialisme sera lourdement ébranlé.

Si l’obsolescence programmée peut avoir occasionnellement quelque réalité, il n’en reste pas moins que cette obsolescence est bien souvent programmée par le client lui-même, qui sera davantage attiré par le producteur qui innove et que par celui qui campe sur ses positions.

* Le même biais existe à propos du climat. Le "Y a plus de saisons." typique des vieux provient de leur mémoire qui privilégie les épisodes météo les plus marqués, en oubliant les nombreuses années moyennes et les vagues de douceur et de fraîcheur inattendues pour la saison (étés frais et hivers doux), qui restent des épisodes moins mémorables que les hivers glaciaux et étés brûlants.

Mariage entre tous, islam et patronyme

C’est fait. Le mariage entre tous est passé, pour l’instant. Je ne m’attarde pas sur l’absurdité de reconnaître et ainsi encourager un modèle familial autre que celui dégagé par l’évolution de notre race comme le meilleur, ni sur les dérives qui naîtront du fait de cette reconnaissance. Cela a été fait à de nombreuses reprises un peu partout.

La filiation homosexuelle, qu’implique cette sorte de mésunion, m’inquiète un peu parce qu’elle n’est malheureusement pas ponctuelle mais perdure à travers le temps, puisque la parenté ainsi créée ne s’évapore pas par opération du Saint-Esprit à la génération suivante. Après "Jean a deux mamans", de nombreux livres similaires pourront être écrits et publiés, par exemple "Léa a trois mamies". Cependant, parce qu’elle restera marginale, ses conséquences le seront aussi.

Plus grave, chacun sera (et est déjà) prié de regarder les mariages entre deux hommes comme absolument normaux. Les enfants n’auront pas intérêt à émettre des propos haram sur le mariage à l’école, sous peine de sanction et de signalement. Naturellement, plus ils gagneront en âge et plus ils seront rattrapés par leur génome, seront dépressifs à cause de cet enseignement malsain (sans se rendre compte qu’ils le sont parce qu’ils vivent dans un mensonge permanent, qui heurte leur instinct mais qu’ils doivent accepter afin d’éviter de passer pour fous ou nauséeux) et adopteront un cadre (ce dont l’écrasante majorité des gens ont besoin) moins contre-nature au contact de prosélytes barbus. Les socialistes encore voudraient élargir le boulevard qu’ils ont ouvert à l’islam qu’ils ne s’y prendraient pas autrement. Après leur prise de pouvoir, les musulmans serreront la vis comme les chrétiens l’ont fait après avoir triomphé de leurs concurrents. Comme l’islam sert d’outil de sape pour faciliter et accélérer l’invasion, cela ne s’accompagnera pas de quelques décennies de souffrance, comme au temps du communisme, mais de la disparition des Européens ethniques en France, si la situation ne s’inverse pas.

Mais mon plus grand souci concerne la fin du patronyme, laquelle mesure a été discrètement glissée au sein de cette loi et peu évoquée. Les hommes, qui ont déjà peu de motivation pour prendre de véritables risques à cause des impôts qui frappent les indépendants et des statuts divers qui s’offrent à lui, en prendront encore moins. Partir à l’aventure nécessite de savoir pourquoi l’on entreprend ce périple et pour qui on le fait : les enfants qu’ils ont engendrés. Les hommes sont plus inclinés au risque que les femmes de par leur rôle, mis à mal ces dernières décennies mais toujours fortement ancré en eux, parce qu’ils tentent d’offrir plus (en argent, en pouvoir, en renommée… en toute chose qui profitera à ses enfants et les dispensera de fournir autant d’efforts qu’eux-mêmes) à leur descendance. Encore faut-il qu’ils soient certain que les enfants qu’ils élèvent et entretiennent soient les siens. Plus il doute, à tort ou à raison, sur la réalité de cette filiation, moins il travaillera à leur prodiguer une bonne éducation et un héritage. Comme un homme n’est jamais pleinement rassuré sur sa paternité, donner son nom à ses enfants atténue cette inquiétude et lui rend l’envie de se dépasser, par exemple pour monter un commerce ou agir contre ces politiciens faillis.

Ne donner que le seul nom du père demeurera théoriquement possible mais tant d’hommes rampent devant leur femme de peur d’un divorce qui les ruinera que seuls une minorité fera ce choix. Ces enfants, aux deux parents mais qui ne porteront pas le trait d’union magique, seront ainsi bien identifiés par l’administration et seront surveillés de près et brimés. C’est une manière efficace pour le fonctionnaire de base de reconnaître les petits nauséabonds sans même avoir à consulter les RG. Pire, le patronyme permettra de repérer les "fachos" silencieux, ceux qui ne faisaient pas de vagues et étaient de ce fait très difficiles à détecter.

Heureusement, les Français de souche, plutôt jeunes (les jeunes parents étaient là et les papis soixante-huitards aux abonnés absents), ont été nombreux à défiler contre cette abjection et se sont même permis de sortir un peu des lignes. Ils se sont saisis de l’un des rares sujets où ils pouvaient encore s’exprimer sans trop passer pour des ordures (ce dont beaucoup ont très peur) et ont montré une capacité d’initiative et d’union qui n’avait pas été soupçonnée. Le gouvernement a senti son autorité vaciller ? Tant mieux !

Notre génération est plus conservatrice que ses parents soixante-huitards, il suffit de considérer les âges moyens respectifs des manifestants contre le mariage homosexuel, des identitaires qui distribuent des vivres aux SDF, d’un côté et des militants communistes et des associations antiracistes, de l’autre. Cela semble peu de choses, à ceci près que c’est la première fois depuis deux siècles.